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1992 Installation à l'Atelier Sainte-Anne / Bruxelles.
- 230 têtes en terre cuite sur une pyramide de sable de 5 m x 3 m

Lithophanie

Têtes à la fois tranchées réduites et pétrifiées, sollicitude croisée d'un bourreau, d'un Jivaro et d'une gorgone.
Parties d'un tout , détachement coupé d'un ensemble, et donc corps qu'il faudrait reconstituer - ou vaut-il mieux tirer des traits, marquer les liens entre ces faces, les faire communiquer, avec ou sans bouche

- dans un autre langage (le "mien"), a-t-on devant les yeux des tropes (synecdoques, métonymie - mais aussi métaphore, les têtes symbolisant, représentant), ou plutôt figures, répétitions, rythmes, antithèses, alliance de têtes
- ou encore, chaque tête signifie-t-elle par elle-même (ou dans une prédication tronquée, le reste en ellipse), ou seulement par rapport à ses voisines, ou à tout l'univers des têtes, syntagmatiquement, dans un discours encyclopédique de têtes.

Fétiche, petite pierre enseignant le trajet vers une totalité retrouvée, ou éparpillement chaotique d'îlots, sporades, anthrôpos ou (et) komos ?
A partir de quel seuil un assemblage de lignes, d'arêtes, est-il un visage, à partir de quel seuil, n'a-t-on pas (simplement) érosions, métamorphismes, mais artefact, "finalité sans fin".

Exercices de style, têtes moustériennes, cycladiques - mais aussi "réalistes"… peut-on être sûr que sa "propre" tête ne se trouve pas dans le tas ?
Philippe Hunt